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Livewire 4 ou Inertia 3 : comment choisir le front Laravel en 2026

La question n’est plus « est-ce qu’on fait du Laravel ? ». Elle est devenue : quel front officiellement supporté on met devant.

Depuis le 17 mars 2026, Laravel 13 (PHP 8.3 minimum) a figé le décor. Breeze et Jetstream restent maintenus pour l’existant, mais ce ne sont plus le chemin officiel. Un laravel new propose désormais deux camps, et deux seulement : Livewire 4 + Flux, ou Inertia 3 + shadcn (React 19, Vue, ou Svelte 5), le tout sur Tailwind 4.

Chez Superlatif, c’est la discussion que l’on a avec presque chaque client qui démarre une application métier ou un produit. Le mauvais choix ne se voit pas le premier mois. Il se paie à la deuxième équipe, au premier redesign, ou quand le back-office et le produit se marchent dessus.

Deux kits officiels, deux façons de travailler

Le kit Livewire est pensé pour les équipes qui restent dans Blade et en PHP. Les pages vivent dans resources/views. L’UI officielle, c’est Flux (https://fluxui.dev). Pas de SPA à maintenir, pas de contrat d’API à inventer pour afficher un tableau.

Les kits React, Vue et Svelte passent par Inertia 3. Le serveur continue de router, le navigateur rend des pages comme une application. L’UI officielle, c’est shadcn (ou shadcn-vue / shadcn-svelte). On publie un composant avec npx shadcn@latest add …, on le possède dans le projet.

Les deux stacks sont de première classe. Laravel ne désigne pas un vainqueur. Il vous demande de choisir un modèle de composants, et de vous y tenir.

C’est là que les projets deviennent moches : coller du shadcn dans une app Livewire, ou du Flux dans un kit React. Deux langages visuels, deux cycles de vie, deux façons de penser l’état. On le voit tout de suite, et on le paie longtemps.

Ce que Livewire 4 a vraiment changé

Livewire 4, sorti en janvier 2026, n’est pas un simple bump de version. Trois choses comptent pour un projet client.

Les composants single-file. Classe PHP, template Blade, styles et un peu de JavaScript dans le même fichier. php artisan make:livewire crée ça par défaut. Quand un composant grossit, on le convertit en multi-fichiers colocalisés. Fini le va-et-vient entre CreateInvoice.php et create-invoice.blade.php pour une simple action.

Les islands. Une région d’une page se met à jour toute seule. Un tableau, un fil de notifications, un bloc de stats : plus besoin de rerendre le dashboard entier. On peut les charger à la demande, les nommer, ou les faire défiler à l’infini. Pour une application métier — planning, caisse, back-office de garderie, outil interne — c’est souvent le gain le plus visible.

Le ressenti. Directives d’UI optimiste, transitions, requêtes qui ne se marchent plus dessus. Livewire n’essaie plus d’imiter React. Il assume d’être du HTML vivant, plus rapide.

Le kit officiel branche tout ça sur Flux. Pour une équipe PHP, c’est le chemin le plus court entre le besoin et une interface propre.

Ce que Inertia 3 a vraiment changé

Inertia 3 est sorti le 25 mars 2026, dans la foulée de Laravel 13. Trois choses, là aussi.

Plus d’Axios obligatoire. Inertia embarque son propre client HTTP. Environ 15 Ko de moins dans le bundle, et une dépendance en moins. Axios reste possible en pair optionnel si vous avez déjà des intercepteurs.

useHttp. Toutes les requêtes n’ont pas à changer de page. Un like, une recherche, un autosave : le hook donne le même confort que useForm (état, erreurs, progression) sans passer par le cycle Inertia. Il parle à des réponses JSON, pas à Inertia::render().

L’UI optimiste, officielle. Sur le routeur, useForm et useHttp, on met à jour l’écran tout de suite, et on rollback si le serveur refuse. Plus besoin d’un store bricolé pour qu’un bouton like se sente instantané.

Le kit React officialise aussi shadcn : après laravel new, les composants se publient dans resources/js/components/ui. C’est un kit produit, pas un squelette. Sidebar, header, 2FA, équipes, variantes d’auth — le socle d’un SaaS est déjà là.

Le back-office n’a plus à suivre le produit

Filament v5 est sorti le 16 janvier 2026 pour une seule raison : Livewire 4. Pas de nouvelle vitrine fonctionnelle par rapport à la v4. Une compatibilité propre, un script de migration, et les deux versions restent maintenues.

C’est une bonne nouvelle pour l’architecture. On n’est plus obligé de construire l’admin avec les mêmes briques que l’application cliente.

Chez Superlatif, on le fait souvent ainsi :

  • Filament (Livewire 4) pour le back-office. CRUD, rôles, exports, opérations du quotidien. Les gens qui s’en servent veulent aller vite, pas une SPA.

  • Inertia 3 + shadcn (React ou Vue) pour le produit. Parcours client, e-commerce, application mobile web, tout ce qui doit se sentir comme un logiciel, pas comme un formulaire.

La frontière est le vrai sujet. Pas « Livewire ou Inertia ? » en absolu. Où s’arrête l’outil interne, où commence le produit.

Un seul stack partout reste valable : une application métier sans vitrine riche, un outil interne, un site éditorial (on est sur Statamic, justement). Dans ces cas, Livewire 4 + Flux — ou Statamic pour le contenu — évite d’acheter une complexité front dont personne n’a besoin.

Comment on décide, concrètement

On pose quatre questions, dans cet ordre.

  1. Qui ouvre l’écran tous les jours ? Des collaborateurs qui saisissent, filtrent, exportent ? Livewire / Filament. Des clients qui naviguent, comparent, paient ? Inertia + shadcn.

  2. Quelle équipe va le faire vivre ? Si le cœur du métier est PHP, Livewire tient mieux dans le temps. S’il y a déjà un front React ou Vue, Inertia évite de forcer Blade sur des gens qui ne l’écrivent plus.

  3. Faut-il une API pour ailleurs ? Application mobile native, partenaires, headless : Inertia n’empêche pas d’exposer des routes JSON, mais une API claire se dessine plus tôt. Livewire seul ne la donne pas.

  4. Quel est le plafond UI ? Un back-office dense, Livewire 4 le tient. Une interface très interactive, drag-and-drop complexe, états locaux partout : Inertia + shadcn (ou une vraie SPA) tient mieux.

Si les réponses se mélangent — et c’est le cas de la plupart des projets sur mesure — on coupe. Filament d’un côté, produit de l’autre. Laravel 13 le permet sans bricolage.

Ce que Superlatif construit

Nous réalisons des applications web et des sites sur mesure à Lausanne, Fribourg et en Suisse romande : logiciels métier, e-commerce, applications mobiles, SEO, formation. Laravel et Statamic sont notre socle. Le front, on le choisit pour le projet, pas pour la mode du moment.

Si vous démarrez une app Laravel 13, ou si vous sortez de Breeze / Jetstream / WooCommerce, on peut poser cette frontière avec vous avant d’écrire la première ligne. C’est moins cher que de la redessiner dans six mois.

Envie d’en parler ? Écrivez-nous à contact@superlatif.io ou discutez de votre projet sur superlatif.io.